Détecteur de présence : ce que le radar mmWave voit et que l’infrarouge rate

L’infrarouge détecte le mouvement, le radar millimétrique détecte la présence. La nuance explique pourquoi la lumière s’éteint pendant que vous lisez.

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Vue abstraite d'une pièce avec deux zones de détection superposées, l'une en cônes segmentés, l'autre en ondes continues

La scène est universelle dans une maison équipée en domotique. Vous êtes assis dans le canapé, immobile, en train de lire. Au bout de trois minutes, la lumière s’éteint. Vous agitez le bras, elle se rallume. Ce comportement n’est pas un réglage mal fait : c’est la limite physique du capteur employé.

Un capteur infrarouge passif ne mesure pas la présence, il mesure une variation de rayonnement thermique dans son champ. Immobile, vous devenez invisible pour lui. Un radar millimétrique mesure au contraire de micro-déplacements, jusqu’au mouvement de la cage thoracique, et vous voit donc même parfaitement immobile.

L’infrarouge passif : un détecteur de changement, pas de personne

Le capteur le plus répandu, celui que l’on trouve dans les détecteurs à quelques euros, s’appelle PIR pour capteur infrarouge passif. Passif signifie qu’il n’émet rien : il se contente de recevoir le rayonnement thermique ambiant.

Son élément sensible est divisé en deux zones montées en opposition. Tant que les deux zones reçoivent la même quantité de rayonnement, la sortie reste nulle. Lorsqu’un corps chaud traverse le champ, il illumine d’abord une zone puis l’autre, ce qui crée une différence, donc une impulsion électrique.

Devant l’élément, une lentille de Fresnel en plastique découpe le champ de vision en une série de faisceaux séparés par des zones aveugles. Ce découpage n’est pas un défaut, c’est ce qui rend la détection possible : en traversant alternativement des zones sensibles et des zones mortes, une personne en mouvement produit une succession d’impulsions bien nettes.

Toute la logique du dispositif repose donc sur le déplacement. Une personne immobile finit par mettre le capteur à l’équilibre thermique et disparaît complètement de son champ de perception. Aucun réglage ne corrige cela, parce qu’il n’y a plus rien à mesurer.

Ce qui déclenche un PIR à tort

  • Un rayon de soleil qui se déplace sur un mur au fil de la journée.
  • Une bouche de chauffage ou un radiateur qui souffle de l’air chaud en cycles.
  • Un animal domestique, dont la signature thermique ressemble beaucoup à celle d’un humain à faible distance.
  • Un courant d’air froid qui traverse le champ, la variation étant bidirectionnelle.

Le radar millimétrique : mesurer la distance, pas la chaleur

Un capteur mmWave émet une onde radio dans une bande haute, autour de 24 ou 60 GHz selon les modèles, puis analyse ce qui lui revient. Il ne s’intéresse pas à la température des objets mais à leur position et à leur vitesse.

La technique employée consiste à émettre un signal dont la fréquence monte linéairement pendant une durée très courte. Quand l’écho revient, il correspond à une fréquence émise un instant plus tôt ; l’écart entre les deux donne directement le temps de trajet, donc la distance. En répétant l’opération des milliers de fois par seconde, l’électronique reconstitue les déplacements des cibles présentes.

La sensibilité obtenue est suffisante pour détecter des mouvements de l’ordre du millimètre. Le soulèvement de la cage thoracique pendant la respiration entre largement dans cette plage. Une personne assise sans bouger, ou endormie, reste donc parfaitement visible pour le capteur.

Ce que le radar traverse, et le problème que ça pose

Les ondes de cette gamme franchissent sans difficulté une cloison en plaque de plâtre, un rideau, une porte en bois creux, un panneau de meuble. C’est un avantage pour l’installation, puisque le capteur peut être dissimulé, et un inconvénient majeur pour le réglage.

Un capteur placé contre une cloison détectera votre voisin de pièce, et allumera la lumière d’une chambre vide. C’est le principal défaut de cette technologie, et il se règle par la configuration : la plupart des modèles permettent de définir une distance maximale de détection, voire de découper l’espace en zones et d’en ignorer certaines.

Ce qui déclenche un radar à tort

  • Un ventilateur de plafond, dont les pales constituent une cible mobile idéale.
  • Un rideau agité par un radiateur ou une fenêtre entrouverte.
  • Le tambour d’un lave-linge en fonctionnement derrière une cloison.
  • Un flux d’air chargé de poussière, sur les capteurs les plus sensibles.
  • Les plantes, dont le feuillage bouge en permanence sans qu’on le remarque.

Comparaison sur les critères qui décident vraiment

CritèreInfrarouge passifRadar millimétrique
Détecte une personne immobileNonOui
Vitesse de première détectionQuasi instantanée0,5 à 2 s selon le réglage
Traverse une cloison légèreNonOui, et c’est un problème à gérer
ConsommationQuelques microampères, tient des années sur pileMilliampères en continu, alimentation secteur nécessaire
Sensible au soleil et au chauffageBeaucoupNon
Sensible aux objets mobilesPeuBeaucoup
Réglage requisPresque aucunSubstantiel, zone par zone
PrixQuelques eurosCinq à dix fois plus

La ligne sur la consommation est celle qu’on oublie le plus souvent au moment de l’achat. Un radar millimétrique émet en permanence et ne peut pas dormir : il n’y a pas de version sur pile qui tienne plus de quelques semaines. Si le point d’installation visé n’a pas de courant, la question est tranchée d’avance.

La combinaison des deux, et pourquoi elle est pertinente

Plusieurs capteurs récents embarquent les deux technologies dans le même boîtier, et ce n’est pas un argument commercial creux. Chacune compense la faiblesse de l’autre de façon assez élégante.

L’infrarouge sert de déclencheur : il réagit instantanément à l’entrée d’une personne dans la pièce, ce que le radar met parfois une seconde à confirmer. Le radar sert ensuite de témoin de maintien : tant qu’il détecte une micro-activité, l’occupation est considérée comme vraie, même si la personne ne bouge plus.

On obtient ainsi un allumage immédiat et une extinction qui n’arrive que lorsque la pièce est réellement vide. La logique se reconstitue d’ailleurs très bien avec deux capteurs séparés dans n’importe quel moteur d’automatisation, ce qui revient moins cher qu’un capteur combiné.

Régler un radar sans y passer la soirée

  1. Commencez par réduire la portée jusqu’à ce que le capteur cesse de voir au-delà des murs de la pièce. C’est le réglage qui résout 80% des déclenchements parasites.
  2. Placez-le au plafond plutôt qu’au mur quand c’est possible. Le champ vers le bas est plus facile à délimiter qu’un champ horizontal qui traverse toute la maison.
  3. Éloignez-le des ventilateurs, rideaux et plantes. Ce sont les trois sources parasites les plus courantes, et aucun filtrage logiciel ne les élimine complètement.
  4. Ajoutez une temporisation courte, pas longue. Tout l’intérêt du radar est de ne plus avoir besoin d’un délai de plusieurs minutes pour compenser les trous de détection. Trente secondes suffisent souvent.
  5. Observez pendant quelques jours avant de figer les réglages. Les déclenchements parasites sont souvent liés à des événements périodiques, chauffage ou ensoleillement, qu’on ne voit pas en une seule soirée de test.

La règle de choix se résume simplement. Pour un couloir, une cage d’escalier, un garage, un lieu de passage où l’on ne s’arrête pas, un capteur infrarouge à quelques euros fait parfaitement le travail et tiendra des années sur sa pile. Pour un salon, un bureau, une chambre, tout endroit où l’on reste immobile, seul le radar apporte une réponse. Payer un radar pour un couloir revient à dépenser dix fois plus pour un problème que vous n’avez pas.


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